
Montréal, 28 juin 2025 — La pluie n’aura pas eu raison de la ferveur et de la détermination des fils et filles Ekang venus de tout le Canada et d’ailleurs pour célébrer leur culture lors de la toute première Journée EKANG BETIS, organisée au Parc Angrignon à Montréal.
L’objectif de cette journée était clair : rassembler la communauté Ekang — Fang, Bulu, Beti — pour communier, célébrer les traditions et transmettre un héritage vieux de plusieurs siècles.
Dès l’ouverture, les tambours sacrés ont résonné : l’appel du Nkul, tam-tam traditionnel, a marqué l’entrée en communion. Le public a ensuite été transporté par un conte raconté par notre sœur Frédéric Maya, accompagnée de l’ancien Mbani, sur fond de Mvett. Chez les Ekang, les contes sont bien plus que des récits : ils sont les gardiens de la mémoire lignagère, transmis avec soin pour préserver l’histoire de chaque clan.

Le moment fort de la journée fut sans conteste la prestation majestueuse de l’ancien Mbani Atangana avec son Mvett, genre majeur de la littérature orale Ekang. Cette tradition, profondément enracinée dans les pratiques et les croyances Fang-Bulu-Beti, est un véritable trésor à la fois musical, philosophique et initiatique. Le Mvett, plus qu’un chant ou un instrument, est une doctrine sacrée, portée depuis des générations par des maîtres dévoués à sa transmission.
La jeunesse n’était pas en reste : un ballet de danse traditionnelle, plein d’énergie et d’émotion, a fait vibrer tout le parc. Autre moment original et mémorable : la représentation théâtrale d’une demande en mariage Ekang, le célèbre Nsili Aluk. Une scène authentique, riche en symboles, rarement montrée en public — encore moins en sol canadien.
Mais la surprise du chef a sans doute été l’apparition de Majoie Ayi, digne fille de la culture Ekang, qui a littéralement “pris le parc en otage” avec sa performance explosive sur des rythmes Bikutsi, faisant danser toute l’assemblée sous les dernières gouttes de pluie.

Le succès de cette première édition repose sur une mobilisation exceptionnelle : des participants venus de France, d’Italie, de Norvège, des États-Unis, et des quatre coins du Canada, des dix provinces, ont répondu à l’appel. Un remerciement tout particulier est adressé à Cynthia Ottou et sa famille, qui a parcouru 8 heures de route depuis la Gaspésie, ainsi qu’à tous les autres membres venus des régions les plus éloignées du pays.

Succès total pour une première édition historique. La communauté Ekang a prouvé une fois de plus sa capacité à se rassembler, à transmettre et à briller. Rendez-vous est déjà pris pour 2026, pour une deuxième édition encore plus extraordinaire, riche en surprises et en traditions !
Thierry Leader



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